Royaume de vent et de colères / Le vert est éternel

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1596. Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi. À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme.
Les pions sont en place. Le mistral se lève. La pièce peut commencer.

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Non vous ne rêvez pas, depuis le temps que je vous en parle, voici enfin mon billet sur ce livre qui avait été un énorme coup de cœur lors de ma première lecture et que j’ai voulu relire avant de me plonger dans La guerre des trois rois que j’ai reçu récemment.

Royaume de vent et de colères est un tout petit livre qui se base sur des évènements réels mais qui sont maintenant un peu tombés dans l’oubli. De 1591 à 1596, alors que la France est déchirée par la succession de Henri III et que les Catholiques massacrent allègrement tous les Protestants qui passent à leur portée, Marseille s’était établie en République catholique indépendante avec le consul Charles de Casaulx à sa tête. Ce pan de l’Histoire complètement oubliée de nos jours trouve son apogée le 17 Février 1596, quand les armées du roi Henri IV menées par le Duc de Guise viennent se masser à ses portes pour mettre fin aux velléités d’indépendance.

On pourrait se trouver face à une chronique historique un peu ennuyeuse mais Jean-Laurent Del Socorro fait le choix de la traiter d’un point de vue individuel, à travers des personnages bien précis, qui ont tous une raison de se trouver ici à ce moment là et qui deviennent terriblement attachants en à peine quelques pages.
Il y a Axelle, l’ancienne mercenaire reconvertie en aubergiste, Gabriel, un chevalier converti au Catholicisme pour survivre qui se bat contre ses fantômes, Victoire, une vieille dame à la tête de la guilde des assassins, Silas, qui s’adresse à son bourreau, mais aussi Armand, qui apporte avec lui une petite touche de fantastique puisqu’il est un artbonnier en fuite depuis la Commanderie de Salers avec son apprenti.

Les assassins ne pleurent pas leurs victimes, chevalier.

Tout s’articule autour du 17 Février 1596, mais la construction du roman permet de revenir sur le parcours de chacun pour comprendre comment ils ont pu en arriver là, jusqu’à ce que tout le monde vienne se croiser à La Roue de la Fortune, auberge marseillaise au carrefour de l’Histoire.
C’est un roman simple, très finement ciselé, aux personnages splendides mais qui rend aussi hommage à une ville pleine de colères sur laquelle le Mistral souffle du début à la fin en venant ajouter une tension certaine à tout ce qu’il se passe.

Tout est joué d’avance et l’Histoire avance à grands pas. Pour autant, on est impliqué dans la vie de ces personnages que l’on connait pourtant à peine et j’avais tellement envie que tous réussissent à s’en sortir.
L’auteur fait pourtant le choix de rester très fidèle à la réalité. Même la petite dose de fantastique intégrée possède son revers de la médaille, le pouvoir maîtrisé par les Artbonniers n’étant pas sans conséquence.
C’est un énorme coup de cœur que j’ai eu pour ce roman, pour ces personnages que l’auteur donne l’impression d’avoir beaucoup aimés, pour cette ville aussi, si particulière, et pour ce vent que j’entends parfois encore souffler dans ma tête et qu’on ne peut pas connaitre sans l’avoir vécu.

Royaume de vent et de colères
Jean-Laurent Del Socorro
J’ai Lu


 

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1597. La compagnie du Chariot a été embauchée pour participer au siège d’Amiens. Au milieu de la guerre et des combats éclot un amour fragile entre le capitaine N’a-qu’un-œil et Fatima, la chroniqueuse particulière d’Henri IV. Mais comment aimer quand la mort rôde ?

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Petite nouvelle venant prendre place dans le même univers, Le vert est éternel raconte l’histoire de la Compagnie du chariot après la chute de Marseille en la suivant  lors du siège d’Amiens.
Encore une fois, l’Histoire est parfaitement respectée mais cette fois on n’a qu’un seul point de vue, celui de N’a-qu’un-œil qui est devenu le nouveau capitaine depuis que Axelle a quitté la Compagnie et qui se retrouve avec une invitée imposée parmi ses hommes, Fatima, chroniqueuse de Henri IV.

C’est court, rapide, le côté fantastique est encore plus léger que dans le roman mais pourtant, en si peu de pages, l’auteur réussit à nous montrer l’intolérance et l’inutilité de ces guerres de religion.
A travers Fatime et Tremble-Voix, ce sont des lueurs d’espoir qui se retrouvent prises au piège et qui font les frais des extrémismes.

On ne tue pas des gens juste parce qu’ils ont la tête dans les étoiles et qu’ils dessinent. Ou alors, il faudrait tuer tous les enfants du monde.

Il y a quand même un petite lueur d’espoir avec l’arrivée, un an plus tard, de l’Edit de Nantes qui offre la tranquillité à tous pour quelques temps, mais il ne faut jamais oublier que ces victoires sont bien fragiles et en cela cette nouvelle est encore aujourd’hui bien trop actuelle.

Le vert est éternel
Jean-Laurent Del Socorro
Actu SF

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