Crampton Hodnet

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Oxford, vers la fin des années trente. Deux idylles « inconvenantes » – l’une entre un séduisant professeur quinquagénaire et sa jeune étudiante, l’autre entre le nouveau vicaire de la paroisse et une demoiselle de compagnie – vont, le temps d’une saison, troubler la sérénité des « five o’clock » d’une société tout entière axée sur le « bon ton ».

Barre-de-séparation

En automne à Oxford-Nord, la seule distraction pour Miss Dogget, une vieille dame à l’esprit aiguisé, et Miss Morrow, sa dame de compagnie, vieille fille un peu moche, c’est d’organiser des dimanches après-midi thé avec la jeunesse du coin, M. Cherry et sa carrure de rugbyman, M. Bompas qui passe pour un bolchevik avec ses idées de socialiste, M. Wyatt qui étudie la théologie, Michael et Gabriel, que tout le monde confond.
Et puis d’aller dîner chez Francis Cleveland, le neveu de Miss Dogget, dont la fille Anthea fréquente d’un peu trop près Simon, qui ambitionne de devenir Premier Ministre.
Dans cette petite ville où tout le monde se connaît, les potins sur le voisinage sont bien souvent la seule distraction.

Ce devait être terriblement ennuyeux de travailler à la bibliothèque par ce beau temps, et Miss Morrow avait souvent remarqué que les gens intelligents avaient tendance à aimer les commérages et les intrigues.

C’est dans ce train train ronronnant qu’arrive un nouveau vicaire M. Latimer, qui s’entend si bien avec Miss Morrow.
Et M. Cleveland se rapproche un peu trop de la jeune et jolie étudiante, Barbara Bird, qui n’a d’yeux que pour lui.

Dans cette ambiance délicieuse, il ne se passe finalement pas grand chose. J’ai parfois eu l’impression de me retrouver dans une enquête de Miss Marple mais sans meurtre.
Et pourtant, mon esprit romantique s’est attaché à tous ces personnages, s’ennuyant tellement que le moindre geste du voisin est décortiqué à l’extrême. C’est un livre souvent très drôle et très fin, avec une très bonne analyse des caractères.
Même si c’est finalement très logique et dans la continuité des choses, j’ai tout de même regretté qu’aucune des histoires n’ait finalement aboutie. La fin est un éternel recommencement et la vie continue.

– Tiens, Miss Morrow, je ne vous avais pas vue, vous étiez donc là? fit Miss Doggett.
– Voilà bien quelque chose qu’elle ne pourrait pas nier, déclara le pasteur en gloussant de satisfaction, comme à chaque fois qu’il faisait une plaisanterie.
– Si, je le pourrais, réplique Miss Morrow. Une demoiselle de compagnie fait partie du mobilier. Ce n’est pas vraiment quelqu’un.

Crampton Hodnet
Barbara Pym
Fayard

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